Aller au contenu
← Retour aux actualités
  • Devoirs
  • Vie scolaire

« Devoirs faits » : ce que le dispositif couvre vraiment

Par Joan · 9 septembre 2026 · 4 min de lecture

Une personne assise à une table, le visage entièrement caché derrière une pile de livres empilés devant elle.

Chaque collège doit proposer « Devoirs faits » : des heures inscrites à l'emploi du temps pendant lesquelles un élève fait ses devoirs dans l'établissement, avec un adulte présent pour l'aider. C'est gratuit. Pour les élèves de sixième, c'est même devenu obligatoire depuis la rentrée 2023.

Et pourtant, une bonne partie des familles que je rencontre n'en a jamais entendu parler, ou croit qu'il s'agit d'une punition pour les élèves en difficulté.

Comment ça se passe concrètement

L'élève se rend dans une salle, avec ses affaires, sur des créneaux définis par le collège : souvent une heure de permanence, parfois en fin de journée, parfois entre midi et deux. Il travaille sur ce qu'il a à faire. Un adulte circule, répond aux questions, débloque.

Les intervenants sont variés selon les établissements : professeurs du collège, assistants d'éducation, volontaires en service civique, parfois des personnels administratifs ou des intervenants extérieurs. Cette variété explique en grande partie les différences de qualité d'un collège à l'autre, et même d'un créneau à l'autre.

Le dispositif s'adresse à tous les collégiens, avec une priorité affichée pour ceux dont les conditions de travail à la maison sont les moins favorables. Un logement bruyant, une fratrie nombreuse, des parents qui rentrent tard, pas de bureau : ces situations n'ont rien d'exceptionnel.

Ce qu'il apporte réellement

Le premier bénéfice n'est pas pédagogique, il est logistique. Un élève qui fait ses devoirs au collège rentre chez lui avec son travail terminé. Fin des soirées qui s'étirent, fin du bras de fer de 20 h 30, fin de la culpabilité parentale du dimanche soir.

Le deuxième tient au cadre. Beaucoup d'adolescents sont incapables de se mettre au travail seuls dans leur chambre, avec un téléphone à trente centimètres. Dans une salle où dix autres travaillent, ils s'y mettent. Ce n'est pas de la magie, c'est un effet d'entraînement collectif que la maison ne peut pas reproduire.

Le troisième, plus discret : un élève qui bloque a quelqu'un à qui demander tout de suite. Chez lui, il aurait sauté l'exercice, ou attendu quarante minutes qu'un parent se libère, en perdant entre-temps toute envie de s'y remettre.

Ce qu'il ne fait pas

Il faut être clair sur les limites, parce qu'elles expliquent la déception de certaines familles.

« Devoirs faits » n'est pas du soutien scolaire. L'adulte présent aide à faire le travail donné, il ne reprend pas une notion mal comprise depuis deux ans. Un élève de quatrième qui ne maîtrise pas la proportionnalité ne la découvrira pas là.

L'encadrant n'est pas forcément spécialiste de la matière. Un assistant d'éducation peut très bien accompagner un exercice de français et se trouver démuni sur un problème de physique.

Le taux d'encadrement varie beaucoup. Un adulte pour huit élèves permet un vrai accompagnement. Un adulte pour vingt-cinq ressemble davantage à une étude surveillée.

Et le dispositif ne traite pas la question de la méthode. Un élève qui recopie sa leçon dix fois sans rien retenir continuera de le faire, simplement dans une salle du collège plutôt que dans sa chambre.

À qui ça convient le mieux

D'expérience, le profil qui en tire le plus grand bénéfice est l'élève qui sait faire mais ne s'y met pas. Celui dont les résultats s'effondrent parce que le travail personnel n'est jamais fait, pas parce que les notions échappent.

Ça fonctionne bien aussi pour un collégien dont la maison n'offre pas de conditions de travail correctes, et pour celui qui a besoin de fermer sa journée avant de rentrer.

Ça convient moins à un élève dont la difficulté est une lacune ancienne, un trouble des apprentissages non compensé, ou une perte de confiance profonde. Ces situations demandent du temps individuel et une progression construite, ce qu'une salle d'étude ne peut structurellement pas offrir.

Comment savoir ce qui existe dans votre collège

L'organisation est laissée à chaque établissement, donc rien n'est uniforme. Trois questions valent la peine d'être posées à la réunion de rentrée ou par le carnet de liaison : sur quels créneaux, avec combien d'adultes pour combien d'élèves, et comment on s'inscrit.

Une réponse floue est déjà une information. Un dispositif bien tenu se décrit facilement.

Le cumuler avec autre chose

Rien n'empêche de combiner. J'accompagne régulièrement des collégiens qui font leurs devoirs au collège dans la semaine et travaillent avec moi la méthode et les points fragiles à côté. La répartition est plutôt saine : l'établissement prend en charge le travail quotidien, l'accompagnement individuel s'occupe de ce qui demande du temps, de la répétition et une relation de confiance.

Sources

  1. Devoirs faits, un temps dédié pour accompagner les collégiens dans la réalisation de leurs devoirseduscol.education.gouv.fr
  2. Devoirs faits : un temps d'étude accompagnée pour réaliser les devoirseducation.gouv.fr

Une question sur le soutien scolaire à Alençon ? Faites une simulation.

Trouver l'accompagnement idéal

Étape 1 sur 11 · Niveau

Quel niveau ?